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Ebook de la semaine : Cosme

Cette semaine, partez avec Cosme sur les traces de Rimbaud « Je dis qu’il faut &ec

Cette semaine, partez avec Cosme sur les traces de Rimbaud.

« Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant »

             

Cosme ou l’histoire d’un fils d’immigrés espagnols, agrégé de rien, pas même bachelier, qui découvre le Graal de la poésie française : le sens caché du sulfureux et mystique poème de Rimbaud, Voyelles. Guillaume Meurice le suit, de son enfance dans les rues de Biarritz à cette quête poétique dans son minuscule appartement parisien, en passant par la délinquance des banlieues chaudes de la capitale, un service militaire à décrypter des messages secrets ; le tout entrecoupé d’heures interminables dans différents clubs d’échecs. Cosme, c’est aussi l’amitié chevillée au corps au gré des rencontres, et la passion des mots qu’il dévore dans ses lectures ou qu’il travaille pour sculpter d’improbables sonnets. Une vie entre passions partagées, infinie solitude, vertiges, long dérèglement des sens. Le récit d’un homme libre. Poète. Voyant ?

 

La vie comme un jeu d’échecs… en couleurs

            

Disons-le : Cosme nous fait un peu l’impression d’être plusieurs dans sa tête. C’est ce qui fait son génie. À le voir dès les premières pages farfouiller et marmonner entre ses quatre tout petits murs, immédiatement attachant, on est pris d’un doute : n’aurait-on pas affaire à un agité du bocal persuadé d’avoir percé les mystères de l’univers ? Eh bien non. Derrière l’apparente confusion se cache un esprit brillant. Artisan besogneux, tenace, rompu à l’effort, Cosme est doué. Très doué.

Suivant sa bonne étoile, avec un peu de culot et beaucoup de sincérité, son parcours chaotique est ponctué de rencontres décisives. Révolté par l’injustice du quotidien dirigée contre les petites gens, fasciné par l’aisance des caïds, entre drôles de fréquentations et combines pas toujours très nettes, le garçon aurait vraiment pu mal tourner. De là à dire que la littérature l’aura sauvé, il y a un pas qu’on est bien tenté de franchir.

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu. » Amateur d’échecs et de cryptographie en tout genre, Cosme ne pouvait pas passer à côté de l’une des plus belles énigmes de la littérature. Sa rencontre avec Rimbaud, jeune homme enfui aux confins du monde, apparaît comme une évidence. Il faut quand même l’avouer, la démonstration, documentée et érudite, n’est pas toujours facile à suive. Mais elle est fascinante.

« Je est un autre », décidément. En marge du label « vu à la radio », de ses chroniques, ses sketches, son humour potache et ses prises de position qui ne l’envoient pas dire, Guillaume Meurice lui aussi trace sa route. Alors pour ceux qui seraient curieux de savoir de quoi sa plume est aussi faite, c’est le moment.

 

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Ebook de la semaine : iLove, de Marion Michau

Cette semaine, retrouvez les romans de Marion Michau, notamment l’insolent et décal&eac

Cette semaine, retrouvez les romans de Marion Michau, notamment l’insolent et décalé iLove, qui vous feront passer un été girly. Bonne humeur garantie !

Love story à l'ère de l'iCloud

             

iLove, c'est l’histoire d’une fille qui cherche un homme pour lui faire un enfant, alors qu'elle peine à en trouver un pour lui faire un petit déjeuner. C'est sa meilleure amie qui s'est enfermée dans une routine métro-boulot-doudou. C'est un départ improvisé à Barcelone, où chacune va trouver ce qu'elle ne pensait plus chercher : elle-même.

 

Reines de la lose vs girl power

            

Depuis Les crevettes ont le cœur dans la tête, Marion Michau est passée maître dans l’art de nous proposer des livres rigolos avec des trucs émouvants dedans. Marion Michau, c’est une plume inspirée et décomplexée, et une autodérision à toute épreuve. Chacun de ses romans en est l’illustration : quand la vie a décidé de partir en sucette, rien ne vaut l’humour pour dédramatiser la situation. À travers les tribulations d’une fille de son temps, entre galères amoureuses, petites déconvenues et grands bonheurs, elle dresse le portrait d’une génération qui n’a pas encore tout à fait renoncé au grand amour.

Ses romans sont un remède au blues et à l’autoflagellation, préparé à base de bons mots et de situations cocasses. L’abus de rigolade ne nuit pas à la lucidité, alors pourquoi s’en priver ? Ne faites pas semblant de ne pas vous reconnaître dans ce cœur d'artichaut (ne niez pas), dans cette fille dépassée par les événements (souvent) et mue par l’énergie du désespoir (un peu quand même)… Certes, l’amour finit toujours par triompher (personne n’est parfait), mais après tout, pourquoi pas ? Cette Marion-là, c’est vous. C’est nous toutes.

Trentenaires en péril et célibattantes de tous poils, reprenez-vous. Rien de tel qu’une lecture qui vous (re)donne le sourire et vous fait rayonner au point de devenir… irrésistible.

 

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Ebook de la semaine : L'Archipel du chien

Cette semaine, découvrez L'Archipel du chien, le roman d'une tragédie contemporaine.

Cette semaine, découvrez L'Archipel du chien, le roman d'une tragédie contemporaine.

Une humanité échouée

             

« Le dimanche qui suivit, différents signes annoncèrent que quelque chose allait se produire. […] Puis il y eut une odeur, presque imperceptible au début, à propos de laquelle on aurait pu se dire qu’on l’avait rêvée, ou qu’elle émanait des êtres, de leur peau, de leur bouche, de leurs vêtements ou de leurs intérieurs. Mais d’heure en heure l’odeur s’affirma. Elle s’installa d’une façon discrète, pour tout dire clandestine. »

Un matin à première vue comme les autres, un corps échoué est retrouvé sur ce que les habitants d’une petite île de l’archipel du Chien appellent, faute de mieux, « la plage ». Une découverte embarrassante pour les protagonistes de l’histoire, personnages anonymes désignés par leur seule fonction – le Maire, le Curé, l’Instituteur – au sein d’une micro société fermée, sclérosée. Des hommes dont l’apparence en dit long sur leur caractère, et qui vont révéler petit à petit la part la plus sombre de leur personnalité.

On décide de se débarrasser discrètement du corps, mais face à la réprobation de l’un des siens, la petite communauté ne tarde pas à désigner une victime expiatoire. C’est alors que se déchaînent dans une logique implacable, calomnie, soupçons, remords. Chacun a ses raisons – intérêt, lâcheté, méchanceté – de ne pas dénoncer la manœuvre initiée par un homme avec la complicité de tous.

Ce qui est à l’œuvre dans ce roman, c’est la violence qu’est souvent susceptible de revêtir la médiocrité. C’est à la fois extrêmement cruel et terriblement humain.

 

« Les morts allaient faire payer aux vivants leur indifférence »

            

Une île, qui n’existe pas. Des hommes, qui n’ont pas de nom. Comme pour mieux mettre en lumière une humanité qui perd les pédales quand le drame surgit. Au-delà de l’indifférence, il y a la faiblesse, si familière. Qu’il s’agisse d’incidents survenus au coin de la rue ou de drames à l’échelle internationale, voici que se révèle la part sombre qui ébranle les consciences en même temps que le volcan de l’île se réveille.

À travers un fait divers qui fait malheureusement écho à notre quotidien, Philippe Claudel livre une nouvelle réflexion sur ce qui fait basculer les hommes dans l’ignominie ordinaire. L’Archipel du chien n’est sans doute pas son roman le plus flamboyant, mais comme les précédents, il dit quelque chose de nos sociétés, de notre rapport à l’Autre, des compromissions susceptibles d’entacher les meilleures intentions.

 

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Ebook de la semaine : Inhumaines

Découvrez cette semaine le dernier roman de Philippe Claudel : Inhumaines, farce absurde et o

Découvrez cette semaine le dernier roman de Philippe Claudel : Inhumaines, farce absurde et outrancière, petit bijou d’humour noir.

Comédie (in)humaine

             

L’auteur nous avait prévenus : « L’homme est sans doute le seul animal à commettre deux fois les mêmes erreurs. Il est aussi l’unique à fabriquer le pire et à le dépasser sans cesse. À observer le monde comme il va, on hésite alors entre les larmes et le rire. »

De fait, à la lecture de ce petit recueil fait d’une succession de situations plus cyniques et absurdes les unes que les autres, on ne sait plus trop bien si l’on doit rire – jaune – ou pleurer.

Dans ces textes en forme de conte moral, on se distrait en faisant chavirer des embarcations de migrants, on assiste en nombre au suicide d’un collègue en se chamaillant à propos de la nature des canapés servis par la future veuve, on fornique à tout-va… Tous, du narrateur aux collègues dont on ne connaîtra que les noms de famille à l’image des cancres qu’on renvoie ainsi à leur médiocrité, se conduisent de façon aussi cruelle qu’irresponsable. Et Philippe Claudel de s’en donner à cœur joie pour dénoncer les errements d’une belle « Entreprise » pervertie par un système où celui qui ne tue pas est tué.

« Inhumaines est inspiré de faits réels. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existant est totalement volontaire. J’ai simplement forcé un peu le trait. À peine. »

 

Post coïtum animal triste

            

« J’ai choisi dans Inhumaines de m’affubler d’un nez rouge, d’exagérer le vrai pour en saisir l’atroce. Ma volonté était de cette façon de tempérer la cruauté née de notre société en la croquant de façon grotesque, ce qui permet de s’en moquer, en espérant contribuer à la corriger aussi, même si je n’ai guère d’illusion sur ce point : restons modeste. »

Et pourtant… Difficile de trouver de la mesure dans ce texte qui offre un concentré de veulerie, de préjugés et de jugements à l’emporte-pièce. Pas de circonstances atténuantes pour les Bredin, Morel, Dumoulin et autres Fournier, ouvertement racistes, misogynes, un brin réac. « Et les femmes ? », demanderez-vous. Légères, inconséquentes et bien trop gâtées. Tous se complaisent dans la vulgarité, victimes consentantes d’une époque désespérante.

Ce qui frappe le plus dans ces « Inhumaines », c’est la langue. Crue. En parfaite adéquation avec l’attitude décomplexée, à la limite de l’obscène, des protagonistes. Philippe Claudel, qui nous avait habitués depuis son très poétique premier roman Meuse l’oubli à une langue emprunte de délicatesse, se livre ici à un exercice de style jubilatoire. Il dévoile au grand jour, en optant pour l’outrance, ce qui était présent déjà, latent, dans J’abandonne, Les âmes grises ou Le rapport de Brodeck… l’humain dans ce qu’il a de plus sombre.

Philippe Claudel, qu’on n’a jamais lu aussi caustique, fait un sort au politiquement correct et nous sert un ouvrage délicieusement subversif.

 

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